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Théorie du Taekwon-Do ITF


SECTION I : INTRODUCTION ET CADRE ÉVALUATIF DE L'ART

Le Taekwon-Do ITF, au-delà de sa dimension sportive et de combat, est défini comme un mode de vie et de pensée incontournable, une fusion de la discipline corporelle et du réarmement moral.

1. Le Cycle Évolutif et la Composition du Taekwon-Do

Le Taekwon-Do est un système unifié où chaque aspect est intimement lié à un autre. Il est composé de cinq facettes :

Facette Description
Les mouvements de base (Bases) Ils sont l'alphabet de l'art, indispensables aux combats et aux formes.
Les formes (Tuls) Elles constituent la grammaire de l'art martial. Ce sont des combats solitaires logiquement structurés contre des adversaires imaginaires pour développer la précision, le rythme et le contrôle respiratoire.
Les jeux d'équilibre Essentiels pour parfaire la posture et la stabilité statique et dynamique.
Les combats (Sportifs ou Arrangés) Ils représentent la rédaction, où l'adepte applique ses techniques contre un adversaire réel afin de renforcer son corps et ses armes naturelles.
L'autodéfense (Hosinsul) La validation finale où l'adepte teste sa coordination, sa vitesse et sa concentration face à une agression spontanée réelle.

Dans ce cycle d'entraînement, il n'y a ni début ni fin. Même à un haut niveau de perfectionnement, l'adepte retourne constamment aux mouvements de base pour peaufiner ses techniques.


SECTION II : DIMENSION HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE

1. Genèse du Taekwon-Do Moderne

Bien que l'autoprotection à base de mouvements de mains et de pieds soit millénaire, le Taekwon-Do moderne est une discipline scientifique unique se distinguant par sa sophistication technique, sa terminologie et ses principes fondamentaux rigoureux.

Le Taekwon-Do a pris forme à la suite d'une combinaison de circonstances historiques. Le fondateur a appris l'art coréen traditionnel du Taek Kyon en Corée, puis le Karaté au Japon pendant l'occupation japonaise (1910-1945). Après la libération en 1945, sa position au sein des nouvelles forces armées de la Corée du Sud lui a permis de surmonter les oppositions pour intégrer et diffuser cette méthode nouvelle, scientifiquement validée et distincte des arts japonais. Le nom officiel de « Taekwon-Do » a été formellement adopté le 11 avril 1955 après délibération d'un comité de maîtres, d'historiens et de personnalités de la société coréenne.

2. Le Général Choi Hong Hi (Fondateur)

Événement Description
Origines et jeunesse Né le 9 novembre 1918 dans la région de Hwa Dae (aujourd'hui en Corée du Nord). De constitution frêle et faible, il est encouragé à 15 ans à pratiquer le Taek Kyon par son maître de calligraphie, M. Han Il Dong.
Séjour au Japon (1937-1938) Il part étudier à Kyoto et décide de s'entraîner intensivement pour devenir ceinture noire de Karaté afin de se protéger contre des menaces de représailles après un incident inattendu en Corée.
Emprisonnement et promesse patriotique Engagé dans le mouvement de libération nationale (l'incident du soldat-étudiant de Pyongyang), il est arrêté et emprisonné dans une cellule militaire japonaise. C'est en détention, aux côtés de trois camarades, qu'il formule le vœu solennel de ne pas devenir un « maître » oppressif pour son peuple après la libération, mais de se dévouer à conseiller sagement les gouvernants.
Développement militaire En 1946, breveté sous-lieutenant du 4e Régiment d'infanterie de Kwangju, il commence à enseigner sa méthode à ses soldats, initiant le développement systématique de nouvelles techniques basées sur la physique newtonienne.
Expansion internationale En 1959, il préside la première équipe militaire de démonstration au Vietnam et à Taïwan, publie ses premiers écrits théoriques et devient président de l'Association Coréenne de Taekwon-Do. Il est nommé ambassadeur en Malaisie en 1962.
Fondation de l'ITF Le 22 mars 1966, il fonde l'International Taekwon-Do Federation (ITF) à Séoul. En 1972, pour des motifs politiques, il s'exile et déménage le siège mondial de l'ITF à Toronto, au Canada. Il publie son Encyclopédie en 15 volumes en 1983.
Dernier rêve et décès En 1988, il réalise son rêve ultime d'enseigner son art à Moscou (U.R.S.S.), sans distinction de race, d'idéologie ou de religion. Il s'éteint des suites d'un cancer le 15 juin 2002 à Pyongyang, en Corée du Nord, à l'âge de 83 ans.

3. Maître J. André Blake (Pionnier Québécois)

Événement Description
Jeunesse Né le 26 février 1944 à Montréal, il débute par la boxe à 15 ans, puis pratique la lutte amateur, le judo, le jiu-jitsu (2e Dan sous Maître Kuniba).
Engagement ITF En 1972, il rencontre Maître Kim Jong Chang et s'implique activement pour transformer sa section de karaté du centre Immaculée-Conception en la première section officielle de Taekwon-Do ITF de Montréal. Il reçoit son 4e Dan d'instructeur international en 1976.
Grandes réalisations Il fonde l'Académie Québécoise de Taekwon-Do le 23 février 1978. Le 22 mars 1991, il est promu ceinture noire 7e degré par le Général Choi, devenant le premier Canadien d'origine à accéder au rang de Maître Instructeur. Nommé président de la fédération canadienne en 1993, il reçoit son 8e degré du Général Choi en septembre 1999.
Décès Il décède subitement d'un infarctus le 2 mai 2001 à l'âge de 57 ans.

4. Instructeurs Fondateurs du Club de Blainville

Nom Description
Yannick Drolet Initié à de multiples styles (kung-fu, judo, kickboxing, kempo, aïkibudo, WTF), il obtient son 1er degré ITF en 1991 sous Pierre Laquerre et Tran Trieu Quan. Instructeur international certifié PNCE #1, #2 et #3, il a enseigné à plus de 350 élèves, entraîné des champions nationaux et dispensé des cours dans plusieurs pays (États-Unis, Espagne, France, Suisse, Équateur, Italie) avant de s'établir à Blainville. Il détient un 7e degré ITF.
Sylvain Audet Débute le judo à 10 ans, s'entraîne à Montréal sous Me André Blake (qui instruisait alors l'escouade tactique de la police). Il s'est entraîné au Kim's TKD à Tokyo, a obtenu son 3e degré en 2004 et s'entraîne avec Richard Lajeunesse et Rock Soucy. Il détient un 5e degré ITF.
Yves Morin Pratique le TaeKwon-DO ITF depuis 1993, ancien président et assistant du club de Baie-Comeau, il s'est spécialisé en autodéfense et instruit au Centre Richard Lajeunesse de Verdun. Il est président du club de TaeKwon-DO Hosinsul. Il détient un 5e degré ITF.
Marc-André Fairfield Pratique depuis 1996. Élève de Yannick Drolet, Alain Dumaine et Me Blake, il obtient sa ceinture noire 1er degré en 2005 sous Richard Lajeunesse, se focalisant sur les points de pression et l'autodéfense. Il détient un 4e degré ITF.

5. Histoire Générale des Arts Martiaux Mondiaux

Les sources retracent le développement des techniques de combat à mains nues à travers l'histoire de l'humanité, des peintures murales du Nil en 3000 av. J.-C. jusqu'aux arènes du pancrace grec et des gladiateurs romains.

Titre Description
Le Moine Bodhidharma (Daruma) En 520 apr. J.-C., ce moine bouddhiste de l'Inde du Sud arrive en Chine au Temple de Shaolin. Constatant l'épuisement physique des moines soumis à une méditation rigoureuse, il introduit des exercices de conditionnement physique et spirituel issus des traités L-Jin Kyong (développement musculaire) et Si Shim Kyong (purification de l'esprit), jetant ainsi les bases de la boxe Shaolin (Ch’yan Fa).
La Péninsule Coréenne et le Hwa-Rang-Do Durant l'époque des Trois Royaumes (Silla, Koguryo, Baek Je), le petit royaume de Silla forme un corps d'élite de jeunes guerriers aristocrates, les Hwa-Rang. Pour défendre leur patrie, ils endurcissent leur corps et leur esprit en escaladant des montagnes et en nageant dans des fleuves glacés. Ils adoptent un Code de conduite en 5 points rédigé par le moine Won Kang :
1. Soyez loyal envers votre Roi (ou patrie).
2. Soyez obéissant envers vos parents.
3. Soyez d'honneur (fidèle) envers vos amis.
4. Ne retraitez jamais en combat.
5. Faites des morts justes (tuer avec discernement).

SECTION III : LA CULTURE MORALE ET INDIVIDUELLE (LE DO)

La dimension morale est ce qui distingue le véritable adepte du simple technicien ou de la brute mercantile. Le but ultime du Taekwon-Do est d'éliminer le combat en décourageant l'agression par une force morale basée sur l'humanité, la justice, la sagesse et la loyauté.

1. Les Cinq Principes Fondamentaux (Le Crédo)

Principes Description
Courtoisie (Ye Ui) Promouvoir un esprit de concessions mutuelles, être poli, se conduire selon l'étiquette (Sajeji Do), respecter les possessions d'autrui et agir avec équité.
Intégrité (Yum Chi) Être capable de distinguer clairement le bien du mal et ressentir une culpabilité sincère face à l'erreur. L'intégrité fait défaut chez l'instructeur apathique qui enseigne de mauvaises techniques, chez l'étudiant qui triche dans ses cassages ou tente d'acheter un grade par égocentrisme, ou chez le professeur guidé uniquement par le commerce
Persévérance (In Nae) Comprendre que « La patience mène à la vertu et au mérite. Un foyer peut connaître la paix si l'on est cent fois patient ». La ténacité permet de surmonter toutes les difficultés pour perfectionner son art.
Contrôle de soi (Guk Gi) Essentiel tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du dojang. Une perte de contrôle peut être désastreuse en combat ou dans les affaires personnelles. Lao-Tzu enseigne : « On appelle "fort" celui qui se vainc soi-même et non celui qui vainc les autres ».
Esprit indomptable / Courage (Baekjul Boolgool) Être modeste et honnête, mais affronter l'injustice sans peur ni hésitation, peu importe le nombre d'adversaires. Confucius affirme : « C'est un geste de lâcheté que de se taire en face de l'injustice ».

2. Le Serment de l'Adepte

Tout nouvel adepte doit prononcer et vivre selon ce serment réitéré régulièrement :

  1. Je respecterai le crédo du Taekwon-Do.
  2. Je respecterai mon instructeur et les seniors.
  3. J'utiliserai le Taekwon-Do à de bonnes fins.
  4. Je serai un champion de la liberté et de la justice.
  5. Je bâtirai un monde meilleur et pacifique.

3. La Charte du Taekwon-Do (Taekwon-Do Jang)

Établie par le fondateur pour baliser la transmission pure et noble de l'art martial :

Article Description
1 Améliorer la santé physique et nourrir l'intellect par la pratique scientifique pour promouvoir la justice et une société pacifique.
2 Étudier l'art en vue de maîtriser la vie et la mort, en léguant un héritage spirituel de valeur illimitée aux générations futures.
3 Demeurer humble, indulgent et imperméable aux motifs égoïstes ou à l'avarice pour préserver l'indépendance pure du Taekwon-Do.
4 Traiter tous les adeptes de façon égale, indépendamment du statut social, de la race ou des convictions religieuses, démontrant ainsi la fraternité humaine.
5 Contrecarrer les excès matériels et la dépendance inutile envers la machine de la société moderne en promouvant l'autodiscipline, le sacrifice et la dévotion.
6 Vivre selon sa conscience, faire preuve de respect envers les professeurs, les aînés et d'empressement attentionné envers ses cadets.

4. La Philosophie de la Société et les Vertus Cardinales

Type Description
La société idéale Le souverain gouverne naturellement par sa haute moralité, sans ingérence ni peur, en faisant appel à la bonne nature du peuple.
La société morale* Le peuple admire et fait l'éloge du souverain en gratitude pour sa bienveillance.
La société légale Le souverain utilise des lois strictes et la peur de la sanction pour gouverner.
La pire société (tyrannie) Le souverain utilise la ruse, la tricherie et la force brute pour asseoir son ambition personnelle. Il est haï et provoque inévitablement sa chute.

Afin de bâtir une société morale, l'adepte doit cultiver cinq vertus fondamentales :

Vertu Description
L'Humanité (In) Ressentir de la peine pour le malheur des autres et les aimer sincèrement. Elle s'exprime par la prudence, la modestie et la discrétion.
La Droiture (Ui) Se sentir coupable d'actes injustes et faire son devoir. Préférer mourir pour la droiture plutôt que de tolérer l'injustice.
La Courtoisie (Ye) Agir selon les bonnes manières et le respect mutuel. « La franchise sans courtoisie peut être plutôt impitoyable ; le respect sans courtoisie rend inconfortable ; le courage sans courtoisie peut être violent ».
La Sagesse (Ji) Juger le bien du mal dans ses propres affaires avant de juger autrui.
L'Honnêteté (Shin) Tenir scrupuleusement parole et promesse envers tous sous peine de perdre sa dignité.

5. Règles de Vie pour l'Auto-Culture (Nature Humaine)

Titre Description
L'Autocritique quotidienne L'adepte doit s'interroger trois fois par jour : Ai-je été égoïste ? Ai-je été sincère avec mes amis ? Ai-je enseigné avec certitude ? Ai-je négligé la vertu ou mes études ? Me suis-je corrigé immédiatement après une erreur ?
La Douceur et la Flexibilité À l'instar de l'eau et de la lumière, l'adepte doit être fluide et adaptable. Un jeune arbre flexible survit à la tempête, tandis qu'un vieil arbre sec est brisé par le vent.
Le Respect des Aînés Indispensable pour éviter le chaos social. Les trois valeurs fondamentales de la société sont la fonction, l'honneur et l'intégrité morale.
Le Frugalisme Éviter le luxe excessif et l'extravagance qui mènent à la ruine, illustré par le poème de Lee-Mong-Yong dénonçant les festins financés par les larmes du peuple souffrant.
La Paix de l'esprit (Jung-Joong-Dong) Atteinte par la méditation active en silence pour réfléchir sur ses erreurs passées et viser l'auto-amélioration.
L'Esprit Ferme (Ki et Chi) Nourrir le Ki (énergie active) par la justice et l'humanité, et le guider par le Chi (la volonté motrice) pour garder l'esprit alerte face à l'adversité.

SECTION IV : RÈGLES D'ÉTIQUETTE, DE COURTOISIE ET DE DOJANG

Le Taekwon-Do impose un protocole strict visant à instaurer la discipline et le respect mutuel tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la salle d'entraînement.

1. Protocole du Salut (Kyong Ye)

Étape Description
Exécution technique Immobilisation totale (ne pas saluer en marchant). Pieds joints en « V », poings naturellement fermés le long du corps, bras à 30 degrés. S'incliner vers l'avant à un angle de 15 degrés, en maintenant les yeux fixés dans les yeux du partenaire ou du senior. Poser au sol tout objet tenu à la main et retirer son chapeau.
Cibles obligatoires Saluer les tableaux du crédo/serment, les drapeaux et l'instructeur en entrant et en sortant du dojang.
Hiérarchie Les juniors saluent systématiquement les seniors avant de leur adresser la parole ou lorsqu'ils s'approchent. Un senior doit toujours retourner poliment le salut. Si un grand senior ou maître visite une classe, l'instructeur en fonction doit interrompre son cours et ordonner à ses élèves de saluer le visiteur en même temps que lui.

2. Règles de Communication et de Conduite Spécifiques

Règle Description
Façon de s'exprimer Les interpellations familières (« eh », « aie »), les claquements de doigts ou les réponses non formelles (« ouais ») sont strictement interdits. L'élève doit répondre par « oui maître », « oui monsieur » ou « oui madame ». Pour poser une question, il doit lever le bras et attendre l'autorisation.
Respect physique Éviter de couper la parole à un senior. Laisser passer les seniors devant soi. Ne jamais s'asseoir à une hauteur supérieure à celle d'un senior ou commencer à manger avant lui lors d'un repas. Éviter absolument de traverser ou de passer devant un groupe en entraînement ou devant l'instructeur (faire un détour par l'arrière).
Règles relatives aux cours et retards Le silence complet est exigé dès que l'instructeur parle ou en attendant la fin d'un cours. Tout retardataire doit obligatoirement obtenir la permission de l'instructeur pour intégrer le cours et s'expose à une pénalité (diminution du crédit d'heures ou pénalité physique).

3. Les Douze Directives de Discipline du Dojang

Ces douze règlements intérieurs codifient la vie du club pour préserver la sécurité et le respect :

  1. Se conformer scrupuleusement au serment de l'adepte et aux règles intérieures.
  2. Témoigner un respect total envers les instructeurs et ceintures noires, en s'adressant à eux par « Monsieur » ou « Madame ».
  3. Saluer obligatoirement en entrant et en sortant du dojang, ainsi qu'avant de s'adresser à une ceinture noire.
  4. Être présent à temps pour le début des cours. Les retardataires doivent attendre l'autorisation au bord du plateau.
  5. Une fois le cours commencé, il est interdit de quitter le dojang sans l'accord exprès de l'instructeur.
  6. Limiter strictement les commentaires et conversations ; le chahut est banni.
  7. Maîtriser ses émotions et son langage afin de préserver la réputation de l'art.
  8. Respecter mutuellement ses pairs et s'efforcer de maintenir la propreté du dojang.
  9. Pour éviter les blessures : interdiction absolue de porter des bijoux, interdiction de mâcher de la gomme et obligation de maintenir les ongles des mains et des pieds propres et coupés très courts.
  10. Les chaussures de ville sont rigoureusement interdites sur la surface d'entraînement.
  11. Interdiction stricte de boire, de manger ou de fumer dans ou à proximité du dojang.
  12. Le Dobok doit être impeccable, propre et complet, représentant le respect que l'élève porte à son art.

SECTION V : L'UNIFORME ET LE SYMBOLISME DES CEINTURES

1. Rôle et Conception du Dobok

Le port de l'uniforme officiel répond à cinq objectifs précis :

  • Instiller une fierté profonde chez l'adepte à titre de pratiquant.
  • Identifier visuellement le niveau technique et culturel atteint.
  • Symboliser l'héritage historique et la tradition traditionnelle de l'art.
  • Stimuler la motivation au progrès tout en préservant l'humilité lors des promotions.
  • Offrir une tenue extrêmement saine, souple et pratique pour l'entraînement.

2. Réforme Historique du Dobok (28 mars 1968)

Un comité d'étude de l'ITF a réformé le Dobok en se basant sur six arguments majeurs :

  • Distinguer clairement le Taekwon-Do des autres arts martiaux traditionnels.
  • Éviter que la veste ne s'ouvre continuellement pendant les mouvements et les épreuves de combat.
  • Différencier aisément les ceintures de couleur des ceintures noires.
  • Intégrer la tradition : la bordure noire de la veste s'inspire directement des tenues royales et de l'aristocratie du Royaume de Silla, et est réservée exclusivement aux ceintures noires.
  • Remplacer l'ancien système de ceintures qui limitait la distinction précise des grades.
  • Autoriser uniquement le port d'un T-shirt blanc (col en « V ») sous le Dobok pour des questions d'hygiène (ou sous le plastron).

3. Spécifications Techniques de l'Uniforme

Composante Description
La Veste (Sang I) Doit être légèrement ample et s'étendre jusqu'à la naissance des cuisses. Les manches doivent atteindre au minimum le milieu de l'avant-bras. L'ouverture latérale à la base ne doit pas dépasser 7 cm. Pour les ceintures noires, la bordure noire au bas de la veste ne doit pas excéder 2,5 cm de largeur. Les détenteurs d'un grade d'instructeur international (4e degré et plus) portent un liseré noir de 2,5 cm le long du côté extérieur de chaque manche et jambe de pantalon.
Le Pantalon (Ha I) Plus ajusté que l'ancien modèle coréen flottant. Sa longueur se situe entre le genou et la cheville, avec une fente de 7 cm au bas pour libérer les techniques de jambe.
La Ceinture (Ti) Largeur fixe de 5 cm, épaisseur de 5 mm. Les barres de gradation mesurent 5 mm de large et sont placées à 5 cm de l'extrémité de la ceinture.

4. Signification Symbolique des Couleurs de Ceinture

Inspirées des rangs de la dynastie Silla, les couleurs reflètent le parcours de vie de l'adepte :

Couleurs Description
BLANC (La neige) Symbolise l'innocence pure du débutant qui ne possède aucune connaissance préalable du Taekwon-Do.
JAUNE (La terre) Symbolise la fondation fertile dans laquelle la graine a été plantée et prend racine pour sa progression future.
VERT (L'arbre) Symbolise la croissance de la plante et le développement progressif des habiletés de l'adepte à force d'entraînement.
BLEU (Le ciel) Symbolise l'immensité vers laquelle l'adepte s'élève, mesurant le chemin parcouru et l'immensité de ce qu'il lui reste à découvrir.
ROUGE (Le feu et le sang) Symbolise la découverte de la puissance (le soleil levant), mais représente également le danger d'une force encore incontrôlée. Un avertissement à l'adversaire de se tenir à distance, et à l'adepte d'exercer une maîtrise absolue de ses gestes.
NOIR (L'univers, l'obscurité et la nuit) L'opposé du blanc. Symbolise la maturité technique, la connaissance globale de l'art et l'imperméabilité de l'adepte à la peur et aux ténèbres sous toutes leurs formes.

SECTION VI : LES POSITIONS DE PIEDS EN TAEKWON-DO (SOGI)

Les positions constituent le point de départ incontournable de tout mouvement.

1. Les Six Principes de Base d'une Bonne Position

  1. Maintenir le dos parfaitement droit (sauf rares exceptions).
  2. Détendre complètement les épaules.
  3. Contracter et tendre l'abdomen.
  4. Conserver le bon angle de face par rapport à la cible (Pleine face, 45 degrés ou de côté).
  5. Assurer un équilibre stable mais dynamique.
  6. Utiliser la force de ressort du genou (action de vague) pour amorcer le mouvement.

Note sur la répartition du poids : Si le poids est inégalement réparti, la position prend le nom de la jambe qui supporte la charge la plus lourde (ex. : position en L gauche si 70% du poids repose sur le pied gauche situé à l'arrière). Si le poids est réparti également (50/50), la jambe située à l'avant détermine le côté de la position.

2. Guide Technique des Positions

Position Description
Position d'Attention (Charyo Sogi) Pieds formant un angle de 45 degrés, talons joints. Poings naturellement fermés de chaque côté, épaules légèrement inclinées. Regard fixé droit devant, légèrement au-dessus de l'horizontale.
Position de Salut (Kyong Ye Jase) À partir de la position d'attention, incliner le corps de 15 degrés vers l'avant en maintenant impérativement les yeux fixés dans les yeux de l'adversaire.
Position Parallèle (Narani Sogi) Pieds parallèles distants d'une largeur d'épaule (mesurée de l'extérieur des pieds), orteils pointés vers l'avant.
Position d'Attente Parallèle (Narani Junbi Sogi) Position parallèle avec les deux poings devant l'abdomen. Écart de 5 cm entre les poings, placés à 7 cm de l'abdomen. Écart de 10 cm entre les coudes et les côtes flottantes. Bras fléchis : haut du bras à 30 degrés vers l'avant, avant-bras à 40 degrés vers le haut.
Position Assise (Annun Sogi) Écart d'une largeur et demie d'épaule entre les deux gros orteils. Orteils vers l'avant, poids réparti à 50/50. Forcer les genoux vers l'extérieur jusqu'à ce que les rotules soient alignées verticalement au-dessus des plantes des pieds. Tendre l'intérieur des cuisses, pousser la poitrine et l'abdomen vers l'avant et ramener les hanches vers l'arrière. Idéale pour les techniques de frappe latérale.
Position de Marche (Gunnun Sogi) Très forte vers l'avant et l'arrière. Longueur d'une largeur et demie d'épaule entre les gros orteils. Largeur d'une largeur d'épaule mesurée de centre à centre des pieds. Pied avant pointé droit devant, pied arrière ouvert à un angle maximal de 25 degrés vers l'extérieur. Plier la jambe avant jusqu'à ce que la rotule s'aligne verticalement avec l'arrière du talon. Jambe arrière complètement tendue. Poids réparti
Position en L (Niunja Sogi) Essentiellement défensive. Longueur d'une largeur et demie d'épaule depuis le tranchant externe du pied arrière jusqu'aux orteils du pied avant. Les pieds forment presque un angle droit (orteils pointés à 15 degrés vers l'intérieur, talon avant décalé de 2,5 cm vers l'avant par rapport au talon arrière). Plier la jambe arrière jusqu'à ce que le genou surplombe les orteils. Répartition du poids : **70% sur la jambe arrière, 30% sur
Position Fixe (Goas Sogi) Semblable à la position en L, mais avec une répartition du poids à 50/50 et un écart fixe d'une largeur et demie d'épaule entre les pieds.
Position sur une Jambe (Waebal Sogi) Jambe d'appui entièrement tendue. L'autre pied est placé avec son tranchant externe renversé contre la rotule ou dans le creux poplité de la jambe d'appui.
Position Fléchie (Guburyo Sogi) Position d'appui fléchie sur une jambe servant de préparation aux coups de pied de côté ou arrière.
Position en X (Kyocha Sogi) Croiser un pied devant ou derrière l'autre, en effleurant le sol avec la plante du pied d'appui secondaire. Le poids repose entièrement sur le pied immobile.
Position Arrière Rapprochée (Dwitbal Sogi) Écart d'une largeur d'épaule entre les petits orteils. Jambe arrière pliée (genou au-dessus des orteils), talon arrière aligné avec le talon avant. Jambe avant légèrement fléchie, frôlant le sol avec la plante du pied. Pied avant à 25° vers l'intérieur, pied arrière à 35° vers l'intérieur. Genou arrière pointé vers l'intérieur. Poids sur la jambe arrière.
Position Basse (Nachuo Sogi) Identique à la position de marche, mais allongée d'une longueur de pied supplémentaire pour augmenter la portée.
Position Rapprochée (Moa Sogi) Pieds entièrement collés et parallèles.
Position Verticale (Soojik Sogi) Écart d'une largeur d'épaule entre les gros orteils. Jambes droites, orteils à 15° vers l'intérieur. Répartition du poids : 60% sur la jambe arrière, 40% sur la jambe avant.
Position en Diagonale (Sasun Sogi) Similaire à la position assise, mais le talon du pied avant est aligné sur la ligne des orteils du pied arrière.
Position Accroupie (Oguryo Sogi) Variante de la position en diagonale où les genoux sont forcés vers l'intérieur pour accumuler de la tension.

SECTION VII : LA THÉORIE DE LA PUISSANCE (HIM UI WOLLI)

Le secret de la force dévastatrice du Taekwon-Do réside dans l'application mathématique et scientifique des principes de la physique newtonienne. Un entraînement scientifique permet d'exploiter 100% de son potentiel corporel.

1. Les Sept Facteurs Physiques de Puissance

Facteur Description
Force de Réaction (Bandong Ryok) Loi d'action-réaction de Newton. La force d'impact est démultipliée en combinant la force du coup avec la force d'impulsion de l'adversaire qui fonce vers soi. De plus, lors d'un coup de poing droit, le retrait simultané et vigoureux du poing gauche à la hanche génère une force de réaction interne optimale.
Concentration (Jip Joong) Appliquer la force d'impact sur la plus petite surface possible (tranchant externe de la main, jointures) pour maximiser la pression. La force doit être déployée de manière fluide puis concentrée à l'extrême au moment de l'impact. Les cuisses et l'abdomen (gros muscles lents) se contractent immédiatement avant les mains et les pieds.
Équilibre (Kyun Hyung) L'équilibre assure la stabilité nécessaire pour qu'un coup soit puissant et efficace. Le centre de gravité doit être aligné au milieu des deux jambes ou au centre du pied d'appui. Le talon du pied arrière ne doit jamais quitter le sol au moment de l'impact pour sceller la puissance.
Contrôle de la Respiration (Hohup Jojul) Une expiration sèche au moment de l'impact tend l'abdomen, rigidifie le corps pour encaisser un éventuel contre-coup et décuple la force de frappe. Il ne faut jamais inhaler pendant l'exécution d'un blocage ou d'une attaque, sous peine de perdre sa puissance.
Masse (Zilyang) L'énergie cinétique maximale est obtenue en projetant la masse du corps par une rotation des hanches. De plus, l'adepte utilise l'action de ressort du genou (mouvement de vague) : monter légèrement le corps au début de la technique pour le descendre brusquement au moment de l'impact.
Vitesse (Sokdo) La vitesse est le facteur le plus déterminant de la puissance. Selon la formule de l'énergie cinétique (\(E = (1/2)mv^2\)), si la masse est multipliée par 3, la puissance est multipliée par 3 ; mais si la vitesse est multipliée par 3, la puissance est multipliée par 9.
Vitesse et Réflexes (Sokdo wa Baung) L'étude strobo-photographique menée au MIT en 1973 a démontré que la vitesse d'exécution d'un coup de pied de côté ou avant sauté est plus rapide que le temps de réflexe humain le plus rapide (2/10 de seconde). Il est donc physiologiquement impossible de parer ces attaques si on attend le départ du coup ; l'adepte doit anticiper en fixant continuellement les yeux de son adversaire.

SECTION VIII : RESPIRATION, KI ET MÉDITATION

1. La Respiration et le Ki

Le contrôle respiratoire permet de tonifier le corps, d'améliorer la sangle abdominale et d'endurcir le corps contre les chocs. Bloquer la respiration en fin d'expiration permet de neutraliser l'onde de choc d'un coup adverse.

2. Le Protocole de Respiration Isotonique

Cet exercice de musculation interne vise à expulser totalement l'air des poumons par une contraction isotonique des abdominaux. Procédure pas à pas (pieds joints, dos droit) :

  1. Étendre lentement les bras au-dessus de la tête jusqu'à extension complète en expirant l'air des poumons.
  2. En fin d'extension, contracter vigoureusement tous les muscles du corps (abdominaux en particulier) pendant 3 secondes en apnée vide.
  3. Ramener les bras aux épaules, puis pousser lentement vers les côtés en contractant le corps pour vider l'air, et tenir la contraction 3 secondes.
  4. Ramener aux épaules, pousser vers l'avant, expulser l'air et contracter 3 secondes.
  5. Ramener aux épaules, pousser vers le bas, expulser l'air et contracter 3 secondes.
  6. Ouvrir les jambes, fermer les poings et effectuer une rotation interne des poignets en écrasant les muscles abdominaux les uns contre les autres (comme un accordéon) pour évacuer tout l'air résiduel. Pratiquer cet exercice 2 à 3 fois par semaine pendant au moins 3 mois avant d'endurer un coup au plexus solaire.

3. Méditation Zen Active (Jung-Joong-Dong)

Inspirée du zen bouddhiste, elle vise à calmer l'esprit et à éliminer le stress. S'asseoir confortablement, colonne droite appuyée contre un mur, lumière tamisée. Fermer les yeux et compter les respirations (1 cycle inspiration/expiration = 1) de 1 à 10. En cas de distraction, recommencer à 1. Pratiquer de 5 à 15 minutes, puis patienter 2 minutes les yeux fermés avant de terminer.


SECTION IX : LE PROGRAMME DE SELF-DÉFENSE DE LA FQTI

1. Niveau Ceinture Blanche (Dégagement sur Saisies)

Technique Description
Saisie de poignet directe Tirer vers soi en pivotant le poignet pour le faire glisser hors de la prise entre le pouce et les doigts de l'agresseur. En cas de résistance, faire un pas en avant et frapper vigoureusement avec l'avant-bras libre sur le point de pression situé sur l'avant-bras de l'agresseur.
Saisie de poignet croisée Faire un pas en avant, pivoter le poignet pour le dégager de la prise, et frapper simultanément l'avant-bras libre sur le point de pression de l'agresseur.
Saisie des deux poignets Frapper le tibia ou l'intérieur de la jambe de l'agresseur avec son propre tibia. Avancer d'un pas et frapper le poignet de l'agresseur avec la paume ouverte pour le libérer.
Saisie d'un poignet à deux mains Passer la main libre entre les deux bras de l'agresseur pour saisir sa propre main saisie. Tirer puissamment vers soi et vers le haut pour dégager, puis asséner un coup de coude à la poitrine de l'agresseur.

2. Niveau Ceinture Blanche I (Défense sur Poussées)

Technique Description
Poussée directe à l'épaule gauche Effectuer une rotation arrière gauche du corps, reculer la jambe gauche, exécuter un blocage moyen du bras gauche, puis pousser avec la main arquée au cou de l'agresseur et frapper l'intérieur de son biceps avec l'avant-bras droit.
Poussée croisée à l'épaule droite Effectuer une rotation arrière droite, reculer la jambe droite, puis riposter par une poussée de la main arquée à la gorge et un coup de genou sur le côté de la cuisse de l'agresseur.
Poussée à deux mains Écarter les deux bras de l'agresseur, pousser avec la main arquée à la gorge et asséner un coup de poing au plexus avec l'autre bras, ou appliquer un bloc de l'avant-bras sur son biceps.

3. Niveau Ceinture Jaune (Défense contre Attaques de Face)

Technique Description
Étranglement de face à deux mains Lever un bras très haut, faire un pas en arrière en pivotant pour abaisser énergiquement le bras levé et briser l'étreinte, puis frapper du coude ou du tranchant de la main.
Étranglement de face au mur Feinter une rotation de côté, frapper au visage ou piquer de la main à la gorge pour forcer le recul de l'agresseur, puis frapper avec le tibia ou le genou au bas-ventre ou à l'intérieur du genou.
Saisie du corps, bras pris Reculer légèrement les hanches avec l'aide des deux mains, puis asséner un coup de genou au bas-ventre.
Saisie du corps, bras libres Appliquer une forte pression avec les pouces sous les oreilles de l'agresseur (points de pression) ou appliquer une rotation de sa tête, puis enchaîner par un coup de genou au bas-ventre.
Saisie du collet à deux mains Frapper de ses avant-bras sur les avant-bras de l'agresseur, puis appliquer un coup de pied circulaire à la hauteur du genou.

4. Niveau Ceinture Jaune I (Défense contre Attaques par l'Arrière)

Technique Description
Étranglement arrière à un bras Saisir le bras étrangleur pour créer du mou. Asséner un coup de poing aux parties et des coups de coude arrière aux côtes. Tirer le bras et pivoter vers la droite pour faire face à l'agresseur, puis pousser ou frapper de la main arquée au cou.
Full Nelson Contracter les bras pour empêcher que la prise ne se finalise, saisir un doigt de l'agresseur et le plier vers l'arrière pour rompre la prise. Frapper du pied sur le pied ou le tibia de l'agresseur, passer une jambe derrière lui pour le projeter et frapper du coude.
Saisie arrière, bras pris Contracter les épaules en appuyant ses mains sur ses cuisses pour déplacer le bassin sur le côté, puis asséner des coups de coude aux côtes ou un tranchant de main aux parties, ou plier un doigt.
Saisie arrière, bras libres Frapper sur le dos des mains de l'agresseur pour lui faire lâcher prise, ou plier un de ses doigts, ou frapper du coude au visage.

5. Niveau Ceinture Verte (Défense contre Attaques de Côté)

Technique Description
Saisie du bras de côté Frapper du bras libre un bloc intérieur sur le biceps de l'agresseur, puis asséner un coup de poing aux côtes flottantes, appliquer une pression à la gorge de la main arquée et un coup de genou à la cuisse.
Étranglement de côté Asséner un coup de paume au visage, piquer de la main au cou, ou briser la prise par un blocage intérieur poussé entre ses bras, puis asséner un coup de coude au visage.
Prise de tête latérale / Guillotine Saisir les cheveux pour renverser l'agresseur, ou poser un genou au sol en frappant au bas-ventre et saisir la jambe proche pour le projeter au sol, ou appuyer sa main derrière sa tête pour lui faire baisser le visage et le frapper.

6. Niveau Ceinture Verte I (Défense contre Attaques au Sol)

Technique Description
Saisie au collet au sol Agripper les bras de l'agresseur, prendre appui sur ses pieds et soulever le bassin pour le projeter sur le côté, puis se relever immédiatement.
Étranglement au sol Piquer de la main arquée à la gorge, saisir immédiatement les bras de l'agresseur et le projeter sur le côté.
Prise de cou par un bras, corps couché de côté Saisir les cheveux ou appuyer sur le point de pression situé sous le nez de l'agresseur. Renverser sa tête tout en lui appliquant un ciseau de jambes à la tête, et finaliser par une frappe.

7. Niveau Ceinture Bleue (Défense contre Attaques Combinées)

Technique Description
Saisie au collet et coup de poing Coller de près l'agresseur, bloquer son épaule avec le bras fléchi, coup de genou au bas-ventre, puis saisir son bras en clé de bras tout en frappant au cou de la main arquée.
Saisie des cheveux et coup de poing Appliquer une forte pression à deux mains sur la main qui saisit, pencher le corps vers l'avant pour projeter l'agresseur au sol et riposter.
Saisie au collet et coup de genou Saisir ses avant-bras en pesant vers le bas, pivoter de côté pour esquiver le genou, et frapper du coude au visage.
TÉtranglement arrière et clé de bras Lever le bras et effectuer une rotation rapide pour rompre la saisie, faire face et frapper de la main aux parties.

SECTION X : LE GUIDE DES VINGT-QUATRE TULS DE L'ITF

Le Général Choi a légué 24 formes (Tuls), représentant les 24 heures d'une journée, symbolisant toute une vie humaine face à l'éternité.

1. Directives d'Exécution des Formes

Pour exécuter correctement un Tul, l'adepte doit respecter neuf règles d'or :

  1. Chaque forme débute et se termine exactement au même endroit.
  2. Chaque posture et attitude doit être prise et maintenue correctement.
  3. Chaque forme possède son propre rythme et sa fluidité.
  4. Contracter et décontracter la musculature au moment opportun.
  5. Expirer sèchement par la bouche entrouverte à la conclusion de chaque technique.
  6. Exécuter chaque mouvement avec un réalisme de combat.
  7. Comprendre parfaitement la raison d'être de chaque mouvement.
  8. Répartir équitablement les techniques de défense et d'attaque à gauche et à droite.
  9. Maîtriser complètement une forme avant de passer à l'apprentissage de la suivante.

2. Répertoire Historique et Philosophique des Tuls

Tul Description
CHON-JI (19 mouvements - 9e Gup) Signifie « Le Ciel et la Terre ». Représente la création du monde et le début de l'histoire humaine, d'où son attribution au novice. Le tracé au sol en forme de croix ( + ) symbolise l'assemblage des forces cosmiques (terre, eau, feu, ciel).
DAN-GUN (21 mouvements - 8e Gup) Nommé d'après le saint fondateur mythique de la Corée en l'an 2333 av. J.-C.. Le tracé au sol représente le concept de « l'étudiant ».
DO-SAN (24 mouvements - 7e Gup) Pseudonyme du patriote Ahn Chang-Ho (1878-1938) qui dédia sa vie à l'éducation de la jeunesse et à l'indépendance coréenne. Le tracé représente la « voie ».
WON-HYO (28 mouvements - 6e Gup) Nom du moine célèbre qui introduisit le bouddhisme en Corée sous la dynastie Silla en l'an 686 apr. J.-C.. Le tracé représente le concept de « l'étudiant ».
YUL-GOK (38 mouvements - 5e Gup) Pseudonyme du grand philosophe et érudit Yi I (1536-1584), surnommé le « Confucius de la Corée ». Les 38 mouvements font référence à son lieu de naissance situé sur le 38e parallèle, et le diagramme au sol ( 士 ) exprime le concept de « l'érudit ».
JOONG-GUN (32 mouvements - 4e Gup) Nommé d'après le patriote Ahn Joong-Gun qui assassina Hiro-Bumi Ito, le premier gouverneur général japonais de la Corée. Les 32 mouvements représentent son âge lorsqu'il fut exécuté en 1910 à la prison de Lui-Shung.
TOI-GYE (37 mouvements - 3e Gup) Pseudonyme de l'érudit Yi Hwang (XVIe siècle), une autorité sur le néo-confucianisme. Les 37 mouvements font référence à son lieu de naissance sur le 37e parallèle, et le tracé au sol ( 士 ) représente l'érudit.
HWA-RANG (29 mouvements - 2e Gup) Nommé d'après le groupe de guerriers d'élite Hwa-Rang originaire de la dynastie Silla. Les 29 mouvements font référence à la 29e division d'infanterie coréenne où le Taekwon-Do s'est développé jusqu'à sa maturité. Le tracé représente « l'étudiant ».
CHOONG-MOO (30 mouvements - 1er Gup) Nom posthume donné au grand amiral Yi Soon-Sin de la dynastie Yi, inventeur en 1592 du navire de guerre blindé Kobukson (bateau-tortue). Le dernier mouvement est une attaque de la main gauche pour symboliser sa mort regrettable avant d'avoir pu exprimer pleinement son potentiel au roi.
KWANG-GAE (39 mouvements - 1e Dan) Nommé d'après le célèbre Kwang-Gae-Toh-Wang, le 19e roi de la dynastie Koguryo, qui reconquit les territoires de Mandchourie. Ses 39 mouvements rappellent l'an 391 apr. J.-C., l'année de son couronnement. Le tracé symbolise la reconquête et l'expansion.
PO-EUN (36 mouvements - 1e Dan) Pseudonyme de l'érudit et poète Chong Mong-Chu (XIVe siècle). Le diagramme au sol ( - ) représente sa loyauté indéfectible envers son roi et son pays.
GE-BAEK (44 mouvements - 1e Dan) Nommé d'après le général Ge-Baek de la dynastie Baek Je (660 apr. J.-C.). Le tracé au sol ( **
EUI-AM (45 mouvements - 2e Dan) Pseudonyme de Son Byong Hi, leader du mouvement d'indépendance du 1er mars 1919. Les 45 mouvements rappellent l'année 1905 lorsqu'il changea le nom de religion Dong Hak en Chondo Kyo. Le tracé dénote son esprit indomptable.
CHOONG-JANG (52 mouvements - 2e Dan) Surnom donné au général Kim Duk Ryang de la dynastie Yi. La forme se termine par une frappe de la main gauche pour souligner sa mort tragique à 27 ans en prison.
JUCHE (45 mouvements - 2e Dan) Idée philosophique selon laquelle l'homme est le maître de son propre destin. Inspiré de la montagne Baekdu, symbole de la force du peuple coréen, représentée par le diagramme au sol.
SAM-IL (33 mouvements - 3e Dan) Rappelle le mouvement historique d'indépendance de la Corée du 1er mars 1919. Les 33 mouvements rendent hommage aux 33 patriotes qui ont mené l'insurrection.
YOO-SIN (68 mouvements - 3e Dan) Nommé d'après le général Kim Yoo Sin, qui unifia la Corée sous la dynastie Silla. Les 68 mouvements font référence à l'année 668 apr. J.-C., date de l'unification. La garde de sabre à droite symbolise son erreur d'avoir fait alliance avec des forces étrangères contre son propre peuple.
CHOI-YONG (46 mouvements - 3e Dan) Nommé d'après le général Choi Yong, premier ministre de la dynastie Koryo, respecté pour sa loyauté et son patriotisme, et exécuté par ses seconds.
YON-GAE (49 mouvements - 4e Dan) Nommé d'après le général Yon Gae Somoon de la dynastie Koguryo, qui décima 300 000 troupes Tang à Ansi Sung en l'an 649.
UL-JI (42 mouvements - 4e Dan) Nommé d'après le général Ul-Ji Moon Dok qui défendit la Corée en 612 apr. J.-C. contre un million de soldats chinois de la dynastie Sui par des tactiques d'usure. Les 42 mouvements correspondent à l'âge du Général Choi lorsqu'il créa la forme.
MOON-MOO (61 mouvements - 4e Dan) Honore le 30e roi de la dynastie Silla, dont le corps fut immergé en mer pour que son esprit protège à jamais la Corée contre les agressions maritimes japonaises. Les 61 mouvements symbolisent l'an 661 apr. J.-C., l'année de son accession au trône.
SO-SAN (72 mouvements - 5e Dan) Pseudonyme du moine célèbre Choi Hyong Ung (1520-1604) qui organisa un corps d'élite de moines-soldats pour repousser les pirates japonais en 1592. Les 72 mouvements rappellent son âge lors de cette mobilisation.
SE-JONG (24 mouvements - 5e Dan) Nommé d'après le roi Se-Jong, le plus grand monarque de l'histoire coréenne, qui inventa l'alphabet coréen (Hangul) en 1443. Les 24 mouvements font référence aux 24 lettres de cet alphabet national, et son diagramme représente le « roi ».
TONG-IL (56 mouvements - 6e Dan) Exprime la résolution et la volonté inébranlable d'unifier la Corée, divisée depuis l'année 1945. Le diagramme symbolise un peuple homogène et uni.